3. GUNUNG BROMO & KAWAH IJEN : des volcans et du soufre

(03/07/18 – 05/07/18)

Après les volcans du plateau de Dieng, nous enchaînons avec deux autres volcans toujours sur l’île de Java : le Gunung Bromo et le Kawah Ijen. Là encore nous avons longuement hésité entre le faire par nous même ou passer par agence. Les avis internet concernant les tours organisés sont loin d’être élogieux et organiser soi-même son transport / hébergement entre les deux volcans semblent bien galère. Nous optons pour le tour organisé de 3 jours / 2 nuits avec quelques appréhensions. Il n’y aura finalement que le transport du premier jour d’un peu compliqué, le reste s’est déroulé à merveille.

Mardi matin, réveil à 6h30, le bus doit passer nous prendre à 7h30. 8h30, toujours pas de bus, et personne pour répondre au téléphone… là on se dit que ça pue ! 15 minutes plus tard un minivan arrive. Ils avaient oubliés de communiquer notre hôtel au transporteur. Après cela on enchaîne avec une journée entière de bus : au total 11h de minivan non climatisé (et sans pouvoir ouvrir les fenêtres) avec le minimum de place pour nos jambes. On a bien subit ce voyage ! Mais la chance nous sourit, car on pense avoir été surclassé pour l’hôtel de la première nuit. La chambre est dans un chalet et nous avons de l’eau chaude dans une salle de bain correcte (un luxe sur l’île de Java). Dans le village, pas de restaurant. Heureusement Justine a bien insisté auprès d’Antonin pour acheter des nouilles instantanées avant de partir. Il est 20h30, on prend nos douches chaudes et on s’enfile nos pâtes instantanées et hop au lit ! Demain réveil à 2h45 pour voir le levé du soleil sur le mont Bromo.

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Instant noodle – la base d’un repas équilibré !

Après une courte mais bonne nuit de sommeil nous sommes réveillés par le bruit des Jeeps qui se dirigent vers le Mont Bromo. A 3h30 c’est notre jeep qui nous attend. En pleine nuit noire, on s’entasse à 6 dans ce véhicule tape cul pour rejoindre le sunrise viewpoint de Penanjakan. Là-haut il y a foule, mais on se dégote un spot plutôt sympa pour attendre les premières lueurs du jour. 5h15, la plaine volcanique s’illumine et au loin on voit même un nuage de fumée sortir du cratère.

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Sunrise sur la plaine du Bromo

5h30, déjà l’heure de retourner à la jeep. On se dit que c’est un peu précipité comme départ, mais notre chauffeur de jeep savait qu’en partant tôt nous pourrions d’autant plus profiter du cratère du Bromo avant la foule. On reprend donc la jeep qui nous dépose sur la plaine du volcan. Après une petite marche en montée de 30 minutes nous arrivons sur le cratère du volcan Bromo. C’est probablement l’endroit sur terre le plus fou que nous n’ayons jamais vu. La fumée épaisse chargée en soufre s’échappe du cratère bouillonnant. Sous certains angles on arrive même à apercevoir le bain à bulles acide au fond du cratère. Le bruit est lui aussi saisissant. Imaginez un énorme jacuzzi avec les bulles à fond. On entend littéralement ce qu’il se passe dans les entrailles de la terre. C’est complètement fou de se retrouver là, tout petit, au bord de ce gouffre géant. L’expérience est totalement inédite.

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Le petit humain en haut à droite de la photo – c’est Justine ! On se sent tout petit !
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Attention fumée toxique !

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La plaine du Bromo

Encore dans l’émerveillement nous reprenons la jeep qui nous dépose à l’hôtel pour une douche (et oui la fumée de soufre ça pue et ça assèche ! ) et un petit dej.
Nous reprenons ensuite la route pour nous rendre au volcan Ijen. Après le minivan sans clim du premier jour, c’est à bord d’une voiture climatisée qu’on s’entasse à 5 touristes (+ 1 chauffeur) avec nos gros sacs à dos ! Et c’est reparti pour 7 heures de route. A l’arrivée, nous nous retrouvons dans l’hôtel avec la plupart des voyageurs en tours organisés déjà croisés qui comme nous enchaînent Bromo et Ijen. Ça aurait pu être l’occasion de passer une soirée animée mais le départ est prévu le lendemain à 1h du matin. Donc à 20h la partie commune se vide et tout le monde prend la direction de son lit.

Le réveil sonne à 00h15 (00h15 !!!!), on s’équipe en chaussures de marche et polaire, on avale un thé chaud pour affronter la fraîcheur de la nuit. Notre chauffeur nous dépose à l’entrée du volcan et nous faisons connaissance avec Suki, notre guide. Après la distribution de masques à gaz qui nous serviront aux abords du cratère, nous démarrons l’ascension du volcan. En plus de la fraîcheur de la nuit, la pluie s’invite au programme et ne nous abandonnera pas tout du long de notre trek. Ça grimpe sec, mais le chemin est large et bien aménagé. Il fait nuit noire et nos frontales n’éclairent pas grand chose, heureusement que nos compagnons de route sont mieux équipés que nous et nous permettent de progresser vers le sommet.

En marchant on fait connaissance avec Suki, notre guide, qui est également mineur. Il est issu d’une famille où les garçons sont mineurs de père en fils. Le père de Suki a passé 45 ans de sa vie et ramasser le soufre. Ce travail des plus pénibles consiste à descendre dans le cratère du volcan et à en extraire les blocs de soufre qui serviront ensuite dans la production cosmétique et pharmaceutique. En plus d’être exposés à des fumées toxiques lors de l’extraction, les mineurs doivent ensuite remonter le cratère et porter sur leurs épaules des paniers rempli de soufre pouvant atteindre les 85 kg. Suki nous dit être rémunéré 1000 IDR/kg soit 0,06 euros/kg. Après calcul ça donne à réfléchir. Lors de notre descente dans le cratère nous nous écartons pour laisser passer un mineur remontant son panier. Sa démarche lente et concentrée témoignent de la difficulté du métier.

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Les aventuriers en capes de pluie ! 

Arrivés à 2400 mètres, nous entamons la descente dans le cratère. D’en haut et dans la nuit noire, on voit les faisceaux lumineux des lampes s’enfoncer dans le cratère : on dirait une sorte de descente en flambeau dans les entrailles de la terre. Cette fois-ci la route est plus compliquée. La roche est glissante et il faut une bonne lampe pour s’éclairer. Merci Suki pour le prêt de sa lampe torche ! Les effluves de soufre commencent à se faire ressentir et il faut mettre le masque à gaz. Arrivés en bas, Suki nous fait asseoir en attendant le spectacle que nous attendons tous : le « blue fire ». Drôle de phénomène au volcan Ijen, on peut observer la nuit une lave en fusion bleue. La météo peu clémente et les gros nuages de soufre ne nous permettent d’apercevoir que de tout petits « blue fire » et il est trop dangereux de s’en approcher davantage. Un peu embêté, notre dévoué guide Suki a absolument voulu qu’on lui laisse un de nos téléphones pour aller filmer et prendre en photo les « blue fire » de plus près.

 

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Blue Fire !

Nous nous dirigeons ensuite vers le lac du cratère : le deuxième lac le plus acide au monde (mais ça on ne l’a su qu’après avoir mis les doigts dedans après que Suki nous l’ai autorisé… safety first!!). Nous continuons notre expédition dans le cratère pour aller voir l’un des endroits où le soufre est récupéré. Un mineur y est en train de mettre des coups de pioche pour décrocher le soufre. A côté une énorme cheminée laisse s’échapper la fumée chargée en soufre. Suki insiste pour nous prendre en photo à côté de cette cheminée et c’est pile à ce moment là que le volcan décide d’envoyer un épais nuage de fumée : petit coup de chaud et de panique, nous ne pouvons pas ouvrir les yeux et même avec le masque impossible de respirer. On prend conscience du milieu hostile dans lequel on se trouve.

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On n’est pas sereins devant ces blocs de soufre.

Après ce shoot toxique, Suki nous dit que le temps est trop mauvais pour profiter du levé de soleil et de la vue sur le lac. Pour autant il nous laisse le choix : rentrer au point de départ ou continuer la marche pour retourner sur les hauteurs là où se trouve normalement le point de vue. On décide de continuer, et on a bien fait. Alors non, le temps ne s’est absolument pas amélioré et nous n’avons vu ni le levé de soleil ni la vue sur le lac, mais la marche jusqu’au sommet s’est fait dans un paysage apocalyptique. La végétation, parfois brûlée, apparaît sur les hauteurs du cratère. Les failles dans le sol forment d’importantes crevasses. Sur les hauteurs le temps est pire que tout : pluie, vent et froid. Mais pour autant on profite de ce paysage torturé. Nous arrivons au sommet sur les coups de 6h du matin, à défaut de profiter de la vue nous profitons de la luminosité étrange des rayons du soleil à travers les épais nuages chargés en soufre.

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Le « Suki Group »

Après une bonne heure et demi de descente nous arrivons à la voiture un peu fatigués mais surtout hallucinés de cette épopée nocturne au cœur du cratère d’un volcan en activité.

Pour finir, la vidéo qui rend beaucoup mieux hommage à notre aventure sur le Kawah Ijen et le mont Bromo :

Ces deux jours dans les entrailles de la terre nous ont complètement séduits. Avec tout ce soufre, nous y avons certainement laissés un peu de nos poumons et nos vêtements sentent désormais l’œuf pourri mais ça vaut le coup ! C’est ainsi que se termine notre trip sur l’île de Java que nous avons adoré. Nous profitons d’une journée de transfert sur l’île de Bali (au programme piscine et soirée foot avec Fabien, un compagnon de route rencontré sur le trip Bromo-Ijen) avant de reprendre l’avion pour notre prochaine île indonésienne : Flores !

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